L’éco-pâturage du Bois de Fontaine

L’éco-pâturage du Bois de Fontaine

Il consiste à faire paître des animaux herbivores pour entretenir des espaces naturels. Un excellent moyen de gérer des grands espaces publics enherbés peu utilisés ou difficiles d’accès, de manière écologique.

Cette technique, fréquemment utilisée dans la gestion des espaces naturels remarquables (Parcs nationaux, réserves naturelles…) et de plus en plus utilisée par les collectivités, permet de maintenir des espaces ouverts (prairies) indispensables à de nombreuses espèces animales et végétales.

La Ville s’est lancée dans cette expérience en septembre 2021 à l’origine au Bois de Fontaine avec des brebis landaises. En 2025, une autre parcelle au cimetière de Burry permet de réaliser du pâturage en rotation (ou pâturage tournant) et ainsi de diminuer la pression du pâturage et accroitre la diversité végétale et la régénération des pâtures.

Le projet répond à un triple objectif : diversifier les modes d’action en gestion différenciée, maintenir des écotones (zones de transition écologique entre deux écosystèmes) en bon état de fonctionnement et participer au maintien de races rustiques anciennes qui appartiennent à notre patrimoine naturel : le mouton landais et le mouton d’Ouessant.

 

L’éco-pâturage suppose la mise en œuvre de mesures respectueuses de l’environnement :

• Une charge de bétail réduite afin de limiter la pression sur la végétation (le surpâturage) qui empêche la plupart des végétaux d’accomplir leur cycle de vie complet (germination, pousse, floraison, maturité des graines) et la biodiversité animale de se maintenir.

• Pas de fertilisation afin de préserver la qualité de l’eau et des sols et la diversité végétale (certaines plantes préfèrent des sols pauvres en éléments nutritifs).

• Pas de pesticide afin d’éviter toute pollution, mais aussi pour la santé des animaux.

• Limitation des médicaments afin de préserver la micro faune du sol qui se trouve altérée par les produits pharmaceutiques qui peuvent se trouver dans les déjections des animaux.

• Choix de races rustiques et conservatoires plus résistantes aux parasites et aux maladies, qu’il est indispensable de préserver

 

Infos sur nos moutons

Le mouton landais et le mouton d’Ouessant sont deux races françaises anciennes, toutes deux rustiques et adaptées à des milieux naturels exigeants. Voici un portrait comparatif de leur histoire, leur apparence, et leurs caractéristiques principales :

 

🐏 Le mouton landais

Origine et histoire

Race emblématique du Sud-Ouest, surtout des Landes de Gascogne.

Autrefois très répandue (≈250 000 têtes au XIXᵉ siècle), elle animait la vie pastorale locale.

Étroitement liée aux bergers landais qui surveillaient leurs troupeaux sur des échasses pour mieux circuler dans les marais.

La race a décliné au XXᵉ siècle à cause de l’enrésinement (plantations de pins) et de la modernisation agricole.

Programme de sauvegarde lancé en 1975 par le Conservatoire des Races d’Aquitaine.

Aujourd’hui, environ 3 000 moutons landais sont recensés — race toujours à faible effectif.

 

Caractéristiques physiques

Taille moyenne : environ 55–65 cm au garrot.

Poids : 35–50 kg selon le sexe.

Corps léger et agile, adapté aux sols sablonneux et pauvres.

Laine longue et fine, de teinte variable : blanche, grise, noire ou brune.

Silhouette élégante et élancée ; allure vive et rustique.

Comportement et usage

Parfaitement adapté aux terrains pauvres et humides.

Très efficace en écopâturage pour limiter broussailles et prévenir les incendies.

Race rustique, économe et facile à maintenir en extérieur.

 

🐑 Le mouton d’Ouessant

Origine et histoire

Originaire de l’île d’Ouessant, au large du Finistère, en Bretagne.

Race insulaire très ancienne, mentionnée dès le XVIIIᵉ siècle.

Presque disparue vers 1930 à cause des croisements avec des moutons du continent plus rentables.

Sauvegardée dans les années 1970 grâce à des éleveurs bretons et au Groupement des Éleveurs de Moutons d’Ouessant (GEMO).

Aujourd’hui, la race est répandue partout en France, notamment pour l’écopâturage, c’est-à-dire l’entretien naturel des espaces verts.

 

Caractéristiques physiques

Plus petit mouton du monde :

Mâle : 45–50 cm au garrot, 15–20 kg

Femelle : 42–47 cm, 11–16 kg

Robe : laine dense, généralement noire, parfois blanche ou brune ; peau toujours noire.

Cornes : les béliers ont de fortes cornes spiralées ; les brebis n’en ont pas.

Queue courte, allure trapue et compacte adaptée aux vents marins.

Comportement et usage

Rustique, résistant, calme mais curieux.

Vit en plein air toute l’année, supporte bien le froid et les terrains pauvres.

Excellente race pour l’écopâturage : peu d’entretien, sol préservé grâce à son poids léger.

Peu rentable pour la laine, la viande ou le lait : c’est avant tout un animal d’agrément et d’entretien écologique.

 

⚖️ Comparatif rapide

Critère :               Mouton d’Ouessant                                                        Mouton Landais

Origine :              Île d’Ouessant (Bretagne)                                      Landes de Gascogne (Sud-Ouest)

Taille :   42–50 cm                                                                                                   55–65 cm

Poids :   11–20 kg                                                                                                    35–50 kg

Robe :   Noire, blanche ou brune (peau noire)                                Blanche, grise, noire ou brune

Cornes : Présentes chez les mâles                                                     Généralement absentes

Milieu d’origine :              Sols pauvres, venteux, maritimes              Sols sablonneux, marécageux

Statut   Sauvegardé, bien implanté                                                         Race à faible effectif

Usage actuel      Écopâturage, animal d’ornement                       Écopâturage, entretien des landes

 

Ces deux races incarnent un patrimoine pastoral précieux :

Le mouton d’Ouessant symbolise la résilience bretonne insulaire,

Le mouton landais témoigne du savoir-faire des bergers gascons et de leur adaptation à un environnement rude.

Géolocalisation disponible ICI.