MA VILLE

Bienvenue à Tyrosse

16/06/2020
Saint-Vincent-de-Tyrosse hier

Saint-Vincent-de-Tyrosse tire sa relative importance historique régionale de sa situation géographique sur un axe sud-nord de transhumance animale à l’époque protohistorique, puis au carrefour des deux routes "des grandes landes" venant de Bordeaux et "des petites landes" venant de l’est (Mont-de-Marsan, Tartas et Dax).

De l’Age de Bronze aux premiers peuples sédentaires...

C’est à l’Age de Bronze, puis à l’Age de fer (Xe-VIIIe avant JC), que la présence humaine apparaît sur le territoire. Cette présence est attestée par les restes de quelques tumulus où, en 1977 au lieu-dit "Le Hittau", on procéda à la fouille de l’un d’entre eux, qui contenait les cendres d’une femme, une fibule de bronze et un bracelet de fer.

L’originalité du matériel céramique également retrouvé laisse à penser qu’autour de ces tumulus se sont installés de nombreux petits groupes indigènes qui possédaient leur propre production de céramique.

C’est probablement bien plus tard, autour d’une propriété agricole (villa) située à "Bieule", à l’ouest de la commune au croisement des routes vers Hossegor et Saubion, que s’élabora un embryon de population sédentaire, d’origine cocosate et non tarbelle, formant déjà une communauté prenant le nom de propriétaire. On parlerait alors des "gens de chez Tyro, Tir, Tirus...", le suffixe "osse" signifiant sans doute "chez" dans la langue de ces populations.

... jusqu’aux premières églises

C’est près de cet endroit, sur le monticule dit de "Tourren", qu’aux XVIe-XVIIe siècles après JC fut bâtie une église pour les deux communautés de Tyrosse et de Saubion, placée sous le patronage du grand saint dont le culte était alors à l’honneur : Saint Vincent, martyr espagnol de Saragosse. Saint Vincent est le patron des vignerons, dont le nom est bâti sur le calembour "Vin" et "Sang".

C’est probablement dans la 2e moitié du XIIe siècle, ou un peu avant, quand la Féodalité donna naissance un nouveau mode d’administration, que deux églises furent construites à Saubion et Saint-Vincent-de-Tyrosse pour faire coïncider les communautés, devenues paroisses, avec une seigneurie. Les deux églises se placent alors sous l’autorité des seigneurs de Lagraulet pour Saubion et de Lassalle (devenu Norton au XVe siècle) pour Saint-Vincent-de-Tyrosse. Les droits seigneuriaux payés au Seigneur sont à cette époque dérisoires.

Un premier développement démographique lié aux seigneuries

L’histoire de notre population locale (bénéficiant alors d’un statut juridique très libéral, puisque jusqu’à la Révolution il n’y avait pas de prison dans notre région et que les habitants étaient libres de pêcher ou chasser, de posséder des maisons, de circuler...) se confond alors avec celle de la seigneurie de Norton, dont l’un des seigneurs fut au XVIe siècle l’un des bras droits de la reine de Navarre, Jeanne d’Albret, mère du Roi Henri IV.

Pendant le XVIIIe siècle, la seigneurie appartient à la famille Moisset, famille de marins bayonnais dont l’un des membres participa sur mer à la Guerre d’Indépendance des États-Unis.

Nos habitants étaient principalement des agriculteurs, qui vivaient déjà du maïs à la fin du XVIIe siècle, mais aussi de la vigne et de l’élevage de moutons et de chèvres (les troupeaux étaient à l’époque très nombreux).

Dès le XIVe siècle, le principal itinéraire pour Saint-Jacques-de-Compostelle empruntait la route des Grandes landes (notre actuelle Route Départementale 810) et à Saint-Vincent-de-Tyrosse se trouvait une chapelle dédiée à Saint Jacques sur l’actuelle place du Monument aux morts, ainsi qu’un "hôpital" (abri pour la nuit) au lieu-dit "L’Hospital" à l’ouest.

Révolution en demi-teinte

Au moment où débutait la Révolution Française, la commune comptait seulement 519 habitants et appartenait ainsi aux communes les plus faiblement peuplées de la Région. Le premier Maire, Bertrand Sourotte élu en 1790, était agriculteur. Il sera remplacé l’année suivante par un bourgeois, Dulau.

Si la Révolution trouva d’abord un écho favorable auprès de la population, cet enthousiasme disparut rapidement sous l’effet de diverses circonstances défavorables : persécution contre le curé et la religion, alors que la foi des habitants était à l’époque très profonde ; circonscription militaire qui éloignait les jeunes du pays ; réquisitions les plus diverses...

Comble d’infortune, on enleva la référence du saint à la commune, qui devint Vincent-de-Tyrosse (ce changement de nom n’affecta cependant pas la vie quotidienne, le nouveau nom n’étant utilisé que dans les actes administratifs). L’église locale servit même de geôle à de nombreux Basques déportés dans les Landes. Les guerres de l’Empire virent enfin défiler les troupes au moment de la Guerre d’Espagne.

Le chemin de fer... de lance de l’économie locale

C’est surtout au milieu du XIXe siècle que l’essor économique de la commune s’amorça avec l’arrivée du chemin de fer, ce qui permit le développement du marché de Saint-Vincent-de-Tyrosse, déjà créé en 1830 et qui prendra de l’importance jusqu’à la Seconde Guerre Mondiale.

C’est également au milieu de ce siècle que commencèrent à se créer certaines industries : produits résineux, bois et chaussure (des sandales à l’origine), faisant de Saint-Vincent-de-Tyrosse une importante commune industrielle landaise.

Au début du XXe siècle, la commune s’ouvrit au sport, tout d’abord avec la course hippique, puis avec le vélo sous l’égide de la "Pédale Marensine", enfin avec la pelote basque et le rugby qui inaugurèrent la création de l’Union Sportive Tyrossaise, club phare en rugby dont émergèrent plusieurs Internationaux. L’un d’eux, Louis Junquas, deviendra même capitaine de l’Équipe de France juste après la guerre.

C’est aussi un centre taurin d’importance où, depuis plus de 90 ans, se développe une culture taurine réputée (courses de vaches, corridas...).

Les personnages importants des XIXe et XXe siècles, qui participèrent au développement de la commune, appartiennent aux familles Gorostarzu, Bellocq, Hirigoyen, Dangou, Dodon, Daraspen... qui donnèrent à la fois ces maires et ces industriels qui ont fait la renommée de la commune.

Source : Francis Hirigoyen, Président d’Honneur de la Société de Borda