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CULTURE

24/07/2017
A Tyrosse, ce weekend, il y avait des fêtes...

Toros sérieux et toreros motivés font une après-midi entretenue...

Il y a moins de monde qu’à Mont de Marsan,l’ambiance y est plus familiale.
Mais l’aficion y est aussi forte qu’au Plumaçon et les organisateurs se font un plaisir d’accueillir Corridafrance. Après une novillada matinale intéressante, une corrida, avec un cartel très alléchant, était programmée en fin d’après-midi.

On pouvait craindre que la concurrence avec Mont de Marsan et Orthez ne provoque une désaffection du public pour cette course. Il n’en a rien été. Avec des gradins remplis aux deux tiers la fréquentation est au moins égale à celle de l’an passé.
Le choix des organisateurs s’est porté sur les toros de Pedrès. Le matador éleveur a envoyé un lot extrêmement bien présenté. Dans le type de l’encaste Aldanueva, il y avait du trapio et des cornes. Cette course composée de cinq toros de cinq ans et demi et d’un de quatre et sept mois aurait pu sortir dans n’importe quelle arène de première catégorie. Au cheval, ils ont mis les reins pour huit rencontres sérieuses avec les chevaux de la cavalerie Heyral.
A la muleta, ils ont fait preuve, pour la plupart, d’une noblesse exigeante offrant des possibilités tout en représentant un danger potentiel à chaque passe.
Le second, invalide, a été renvoyé vers un toril qu’il n’a pas voulu réintégrer. En voulant le puntiller, un des peones a été pris spectaculairement. Plus de peur que de mal, même s’il a été évacué vers un hôpital pour subir des examens complémentaires. C’est finalement Joselito Adame qui tuera le toro sans faire de faena.

Le premier humilie bien dans le capote de Juan Bautista à sa sortie en piste. Il pousse avec les reins lors de son unique rencontre avec le groupe équestre. Il est juste de forces et à une charge courte. Il est tardo et c’est le torero qui met du rythme dans la faena pour compenser. Le torero se fera désarmer et la faena va à menos comme le toro. Bautista termine sur une série d’adorños autoritaires pour montrer qui est le patron et tue de 9/10ème d’épée efficace.

Le toro de réserve doit avoisiner les 600 kg. Il prend une unique pique avec violence. La cuadrilla de l’ainé des Adame salue après un bon tercio de banderilles face à un animal qui en plus d’être costaud est très haut. Le toro a un fond de noblesse mais il ne pardonne pas la moindre erreur. Joselito l’entreprend à droite pour de bonnes séries. Le sérieux du Pedrès l’oblige à se croiser. A gauche, le toro est plus compliqué. Joselito prend plus de risque et il y a de l’émotion en piste. Le mexicain va à mas et réalise deux belles séries templées en fin de faena. Il devra se contenter de saluer après un pinchazo, une demi-basse et trois descabellos. L’arrastre est applaudie.

Le troisième est une superbe estampe de toros. Il prend deux piques en poussant. Il est mal banderillé par la cuadrilla de Luis David Adame. Le Pedrès est un peu distrait mais bien doublé, il se laisse embarquer dans la muleta. Le numéro deux de la fratrie enchaine des séries élégantes profitant de la noblesse du bicho pour en conduire certaines avec temple. Malheureusement comme pendant son parcours de novillero, le mexicain ne se croise pas et est souvent fuera de cacho. Le toro finit soso et va à menos. Le cadet, au contraire de l’ainé, est efficace à la mort ce qui lui permet de couper une oreille, peut-être généreuse.

Le quatrième est le moins joli du lot. Très bien mis en suerte, il prend une très bonne, mais unique pique. Il manque de force, a une charge un peu courte et est tardo. A droite, il vient et Juan Bautista en profite pour enchainer des séries de derechazos agrémentées de passes d’adorño. L’arlésien prend le dessus sur l’animal et la dernière série est dominatrice. A gauche, c’est plus compliqué. Jean Baptiste va progressivement, avec technique et finesse, éduquer le toro. A la fin de l’exercice, le Pedrès passe à gauche. Ces trois séries sont les plus intéressantes de l’après-midi. Le toro va a menos. Le torero le cite quand même une première fois à recibir et pinche. La deuxième se solde par 1/3 de lame basse et le recours au descabello est nécessaire. Cette prise de risque à la mort, prive le français d’une oreille. Il doit de contenter de saluer au centre.

Le cinquième est un très bel exemplaire. Il prend une très belle pique, poussant en mettant les reins. Les deux frangins nous offrent un premier quite par chicuelinas por colleras. Le toro est un peu juste de forces et a tendance à serrer le torero pendant la passe. A gauche le toro est désordonnée. A droite par contre il vient mieux et le mexicain construit une faena simple et sincère sur cette corne. Il est aussi très efficace car il finit par corriger ce défaut et à obliger le Pedrès dans une bonne série de naturelles avec du dominio. Malheureusement, Joseilto va faillir avec l’épée. Après deux vaines tentatives à recibir, il revient au classique volapié. Il aura recours au descabello avant d’être applaudi par le public.

Le sixième est presque aussi costaud que le sobrero sorti en second. Il renverse la cavalerie au terme d’une rencontre très agitée. Le picador se venge par une pique carioquée A l’issue de celle-ci le toro a un instant de flottement et regarde ostensiblement vers les planches. Nouveau quite por collera Luis David le maintiendra au centre en lui laissant la muleta sur le museau. Le toro est sérieux, demande une lidia mêlant autorité et temple. Luis David privilégie une tauromachie plus proche du public, dommage. Après une final élégant, le mexicain s’engage pour une très belle épée. Le toro est costaud, il met du temps à tomber, de même que le torero tarde à descabeller. Il fera une vuelta malgré les deux avis attendus.

Fiche technique
Arène de Tyrosse, corrida de fêtes 2017
6 toros de ¨Pedrès très bien présentés, donnant du jeu et permettant une course entretenue.

Juan Bautista : silence, un avis et salut au tiers
Joselito Adame : salut au tiers, un avis e silence
Luis David Adame : une oreille, deux avis et vuelta

8 piques, cavalerie Heyral
Président Bernard Peytrin
Deux tiers d’arène
Le soleil est enfin revenu.
A l’issue du paseo, une minute d’applaudissement en hommage à Ivan Fandiño.

Thierry Reboul